Page d'accueil de la Forêt de Marie-Victorin.
La Forêt de
Marie-Victorin
Ce
projet innovateur sert de modèle à plusieurs promoteurs, même s'il est tombé à
l'eau. Seulement quatre des 350 résidences prévues ont été construites. En
novembre 2001, Développement FMV intentait une poursuite de 14,7 millions de
dollars contre la ville de Saint-Nicolas, fusionnée à Lévis en 2002. «
Nous avons perdu dix ans de
notre vie, mais le procès est incessant, explique l'architecte et copromoteur
Jean-Marie Lavoie. Selon les discussions de nos procureurs avec le juge en chef
de la Cour supérieure, il pourrait durer jusqu'à deux mois.
»
M. Lavoie a
conçu le Développement Forêt de Marie-Victorin en 1994 avec ses associés
Paul Brassard et Amélie Chiasson. Grâce à la complicité de l'architecte Avi
Friedman, de l'université McGill, et de la Société canadienne d'hypothèques et
de logement (SCHL), il a été cité à travers le monde comme un modèle
d'aménagement vert.
Le projet
prévoyait la conservation d'un boisé, notamment par la préservation des cours
arrières et latérales naturelles non gazonnées, l'enfouissement des conduites
électriques et la construction de maisons sans sous-sol abaissant la nappe
phréatique. Des rues étroites empruntaient les anciens tracés forestiers afin de
ménager la flore et pour créer un écran naturel d'arbres. Celui-ci servait
autant à contrôler les vents et la neige qu'à assurer la tranquillité et
l'intimité. Les résidences étaient entourées de couvre-sols et de plantes
boréales, éliminant du coût l'usage de la tondeuse à gazon, d'engrais et de
pesticides. Des servitudes écologiques étaient imposées par acte notarié pour
éviter les coupes de bois abusives et pour maintenir des sentiers naturels à
travers les arbres sur un kilomètre en bordure du cap. L'agencement de maisons
multi-génération étroites et hautes était déterminé en fonction de l'utilisation
de l'énergie solaire passive et d'un maximum d'ensoleillement.
« Si
la Ville et ses agents avaient sciemment voulu " tuer" le projet Forêt de
Marie-Victorin, ils n'auraient pas agi autrement »,
soutiennent l'urbaniste Claude Beaulac et l'économiste Pierre Bélanger dans un
rapport préparé en mai 2005 par la firme Daniel Arbour et Associés dans le cadre
de la poursuite. « Les
processus d'approbation du Plan d'aménagement (PAE) et d'adoption des règlements
d'intégration ont été constamment perturbés par des décisions arbitraires de la
part des agents municipaux. »
Aujourd'hui directeur général de l'Ordre des urbanistes du Québec, Claude
Beaulac ajoutait dans le rapport : « C'était
un projet porteur dans un contexte de vieillissement de la population. À mon
avis, ce projet aurait pu très bien marcher. »
Le directeur
des communications de la Ville de Lévis, Christian Brière, trouve délicat de
commenter un dossier antérieur à la fusion et en attente d'une date d'audition à
la Cour Supérieure du Québec. « Pour nous,
la Ville, nous sommes parfaitement blancs dans cette histoire-là »,
a-t-il dit.
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